mediachroniques

Christine Salvadé

rédaction intégrée, comment préserver la qualité?

Bonjour,
Je suis chargée de la refonte du site de mon journal, et je viens d'assister au Séminaire d'été de l'IFRA. Il était question de rédaction intégrée print/web. J'y ai appris beaucoup de choses à faire (parler d'un sujet multimédia dès sa conception, intégrer toutes les étapes de la création à la production) ou à ne pas faire (verser le contenu du journal sur le web et basta), mais ce séminaire n'a pas vraiment répondu à ma question de départ: comment faire pour ne pas appauvrir le contenu du journal du lendemain si les mêmes journalistes doivent réagir le jour même sur le net, avec un papier différent? Quelqu'un a-t-il une expérience de JOURNALISTE et non de consultant de l'IFRA sur ce problème qui tarabuste la plupart des rédactions actuellement?

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Au Québec, plusieurs journalistes écrivent à la fois un blogue et font de la presse écrite et de la télé.

Un entre autres , (que je ne nommerai pas par politesse et puis pour pas me faire d'ennemis) écrivent beaucoup, dans la presse écrite plusieurs fois la semaine, un blogue sur le site du journal (en fait quatre ou cinq par jours en dialoguant avec le journal) et anime une émission populaire de télé. Tout cela dans la même semaine et sur une base de 7 jour sur 7. Évidemment, le bonhomme fait du fric sans bon sens, se prend (et est considéré par plusieurs) comme une vedetette et attire une foule de lecteurs au journal (il y a des jours où plus de 200 à 300 lecteurs de son blogue lui répondent sur le site du journal.)

Mais... D'abord il brule la chandelle par les deux bouts. Si ce gars là ne ralentit pas, il aura une crise cardiaque ou de nerfs avant d'avoir 45 (et peut-être 40) ans. Mais surtout, mëme si'il a un réel talent, il écrit n'importe quoi, n'importe comment, sur n'importe quoi. Tu peux pas écrire six ou sept billets différents par jour, animer à la télé (une émission d'humeurs...) et écrire une longue chronique (supposément sérieuse) deux fois (des fois trois) la semaine dans un journal, et avoir toujours quelque chose à dire. C'est donc souvent très très superficiel...

Je ne vous le recommande donc pas (je le cite pour vous signaler le danger. Je crois que chez vous, rares sont la convergence tv-presse écrite. Chez nous, c'est moins rare que chez vous.)

Mais j'ai un nom à vous suggérer. Vincent Marissal.

Vous ne le connaissez pas.

Il a entre 35 et 40 ans (peut-etre a-t-il maintenant 40...). Il est chroniqueur politique au quotidien La presse à Montréal. (Il écrit en français).

Il a une chronique quas-quotidienne. Il écrit sur le web aussi. Et commente (plusieuirs fois par jour) l'actualité politiquie à radio-canada.

Lui, réussit cela. Si j'étais vous, je le lirais sur Cyberpresse (regardez le site de Cyberpresse. Vous n'avez qu'à chercher ce mot sur le site Geogle ou Yahoo...).Dans la liste des chroniqueurs, vous trouverez son adresse courriel (on dit courriel et non e-mail au Québec...)

Vous pouvez aussi l'appeler longue distance (attention au décalage horaire. Les meilleures heures sont entre 15 heures et minuit heure de paris, qui sont 9 heures à 18 heures chez nous...) à 514-285-7070 (il y a des chiffres à faire pour l'international et le canada avanta ces
chiffres, mais je suis certaine que vouos pouvez faire cela).

ca vaut vraiment le coup. marissal est un gars qui manie cela avec sérieux, a de l'expérience, est jeune et dynamique. il a aussi déjà occupé un poste important à la direction du quotidien La Presse avant de revenir à l'écriture (et la télé).

Je vous le recommande. Vous pouvez me citer. On a été confrère pendant quelques années avant ma retraite après 43 ans et demi à La Presse. Sa conjointe, Sophie Cousineau, mère de ses enfants, est une excellente chroniqueuse (économique) elle, qui elle aussi fait un blogue (économique), et la presse écrite quotidienne. Et un peu (beaucoup moins que son conjont) de télé.

Ce sont des exemples "journalistiques" du multimédia réussi et sérieux. Mais ils s'en tiennent qu'à un seul domaine, Marissal à la politique (canadienne et québécoise), Sophie à l'économie (surtout nord-américaine).

J'espère que ces renseignements vous seront utiles. J'ai l'impression (mais je me trompe peut-etre et ne veut pa^s faire de nationalisme ici) que nous sommes en avance sur vous en Amérique du Nord, y compris le Québec francophone en ce domaine.

Je ne parle pas pour moi. Moi j'étais journaliste "20e siècle". On est au 21e. Mais je continue à m'intéresser au métier mëme à la retraite.

Sincèrement

Un vieux routier du journalisme québécois (mais qui a maintes fois travaillé en Europe)
Pierre Vennat

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Merci mille fois de vos précieux conseils! Je vais le contacter! Votre réponse me laisse rêveuse: que faisiez-vous de votre temps libre Outre-Atlantique avant Internet? Un article de plus? des petits boulots sans intérêt? de l'édition? des conférences? Ou preniez-vous davantage de temps pour rédiger votre article quotidien? Sortiez-vous davantage de scoops?
Ce n'est pas ironique, c'est une vraie question. Et croyez-moi, je suis la première convaincue de la nécessité, et de l'intérêt des rédactions intégrées!
Bien à vous,

Une quadra helvétique curieuse de tout!

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Un peu gênante votre question puisque vous la posez sur le forum de discussion, dont la réponse peut être lue de tous. J'aurai un peu l'air de me "péter les bretelles" comme on dit en québécois, bref de me vanter. Je n'ai pas fait le voeu d'humilité, mais je préfère que cela soit les autres qui parlent de moi et de ma carrière..

Mais bon, une fois n'est pas coutume. Alors plongeons.

D'abord il faut savoir que je suis orphelin de guerre. Ce qui est assez rare au Québec. Mon père avait un seul frère, Montréalais comme lui qui s'est enrôlé volontaire "pour libérer la France des Boches disait-il", en 1914, à l'äge de 18 ans, comme aspirant. Il est mort en 1917, à 21 ans, jeune aspirant, quelque part près de Lille et Arras.

Mon père, qui n'avait passé en tout et partout qu'un mois en France (comme touriste) en toute sa vie, a décidé d ele venger et bien que père de famille, s'est enrôlé dans les commandos canadiens (volontaire lui aussi) dès le début d ela guerre et s'est fait tuer en aout 1942, deux ans avant le "Jour J" lors d'un raid de commando sanglant (et inutile...) à Dieppe en france. Voous avez peut-etre entendu parler. Ma mère a pris la direction de l'entreprise familiale de broderie (200 employées dns les belles années, 99% des femmes). Important pour comprendre le reste.

Mai 1959. J'avais 20 ans. Une seule année d'université où j'étais chef de nouvelles du journal étudiant de l'Université Laval (Québec). Rêvait de changer le monde. Entre à La Presse (quotidien montréalais) pour l,été. Le rédacteur en chef m'offre, à la rentrée de sdeptembre, de me garder sur l'équipe du soir, si j'acceptge, le jour, de changer d,université et d epoursuivre mes études à l'Université de Montréal. J'accepte.

J'y rencontre une jeune adjointe du doyen de la Faculté des sciences sociales qui me dit oui à l.äge de 18 ans. 48 ans plus tard, nous sommes toujours ensemble et grands-parents. Donc, de 1959 à 1965, j'ai pas eu à me creuser la tête pour des loisirs. J'étais journaliste (le soir au journal), étudiant le jour, marié et père de famille. Diplòme en 1965 en Formation sociale (mélange de sociologie, d'histoire, de sciences politiques et de sciences économique.)

Commence une carrière "d'activiste" parallèle à celle de journaliste et parallèle à celle de ma femme (on s'est toujours complétés). Au journal: chroniqueur et responsable des pages politiques; (politique dans le sdens canadien et québécois. J'ai aussi fait du "municipal"). Chroniqueur "syndical" pendant 12 ans (ce qui signifie, au Québec, couvrir le mouvement ouvrier, les conflits de travail, mais aussi la "gauche" bref les mouvements socialistes québécois (qui souvent se mêlent au syndidalisme), etc. Et indépendantistes (je le suis un peu mais dans un sens non partisan. Mais ai voté oui, comme ma femme, aux deujx référendums sur la souveraineté du québec. onles a perdus tous les deux mais le dernier par seulement 40 000 voix (on a eu 49,9% des suffrages pour le oui).

Ai été éditorialiste (4 ans), directeur des pages d'économie (un an), ai écrit des chroniques d'histoire (québécoise) pendant quelques années , suivi le monde de l'édition (on m'a envoyé au Salon du livre de Paris, Foire du livre de Francfort, Foire du livre de Brive (Corrèze). Terminé ma carrière journalistique comme directeur du Centre de documentation de LA presse.

Ai fait du syndicalisme journalistique (et 3 grèves de 7 mois. Au Québec, quand il y a grève, il y a grève. Pas de parution du journal. Trois fois 7 mois en 43 ans de carrière... On joue dur chez nous! Mais il y a pas eu de grève (heureusement) à La Presse depuis 1978, bref trente ans. Pas mal. ) Ai été le dernier secreétaire général de l'Union candienne des journalistes de langue francaise (en 1967). Ai participé en 1968 à la fondation de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (qui regroupait tout ce qui existait de mouvements professionnels de journalsites au Québec: radio, tv, presse écrite (y avait pas d'Internet à l'époque). En a été vice-président.

A participé un peu plus tard (1970) à la fondation du Conseil de presse du Qubéec. Y ai représenté les journalistes pour trois mandats de deux ans (donc six ans), le maximum permis par la loi. Ai terminé mon dernier mandat le 31 décembre 2006. Ai aussi fait partie du comité sur l'éthique de la Canadian Association of Journalists (les journalistes anglo-canadiens. Je suis bilingue, comme la plupart des journalistes canadiens-français. Les anglos le sont moins...) Et j'ai donné jusqu'à 2003 des cours "d'apprivoiser les médias" à des gens de 55 ans et plus, dans le cadre de "l'université du 3e age" de l'Université d eSherbrooke. Il s'agit de conférences données aux plus de 55 ans sous la supervision de l'université, à travers tout le Québec.

Mon point de vue? Si on a les gouvernements qu'on a, on a les médias qu'on a. En un mot, les lecteurs (auditeurs, téléspectateurs) sont aussi responsables de la qualité des médias que les journalistes et médias (souvent seuls blamés). Si les gens étaient plus revendicateurs, ne passaient pas leur temps à se complaire dans des émissions de variété de bas étage,.de télé-réalité, de quizz débiles, d'émissions d eligne souvertes de sport (en tout cas chez nous) qui attirent plus de gens que un débat sur la famine au Darfour, les ouragans en Birmanie ou la libération de Becancour ou la gare d'irak ou d'Aghanistan, cela irait mieux et les médias se porteraient mieux. Le cours n'est plus donné. Apparemment, les gens n'aiment pas se faire reprocher leurs responsabilités. Y avait pas assez d'inscriptions. Mais je maintiens mon idée. Si on a les gouvernements qu'on mérite , on a les médias qu'on mérite.

Vous croyez que c'est tout? Détrompez-vous. Moi et ma femme, croyons à l'implication dans le milieu. Mais pas de façon partisane (on apparatient à aucun parti, aucune religion, même si on est d'éducation catholique...)

Il y a eu les mouvements de citoyen. Fondé un bulletin pour l'association des propriétaires de mon coin de campagne (mon grand-père a acheté un vaste domaine de trois milles (un mille: 1,6 kilometre) de longs par un mille de large sur les bords d'un lac de montagne (profond, froid et non pollué) des Hautes-Laurentides à 2 heures et demi de route de Montréal (quand tou va bien, cinq heures quand bouchons...). J'y suis depuis ma naissance, le plus souvent possible (environ 200 jours par année, depuis ma retraite. Je vous écris de là...) Ai été vice-président de cette association de propriétaries riverains.

Me suis impliqué avec ma femme du "comité d'école" (comité officiel consultatif forméd es parents d'une école) de mes enfants (dans le temps). En ai été élu président (parce que journaliste, disait-on, toi tu sauras parler aux autorités0. Puis du comité de parents de toute la commimssion scolaire (municipalité scolaire, regroupant toutes les écoles d'une région).

Idem au niveau municipal. On m'a nommé membre du comité d'urbanisme de ma municipalité. chargé de surveiller l'aménagement du patelin. Les confrères se plaignaient. Disait tu es en conflit d'intérêt, un journaliste doit demeurer neutre. Je disais: le conflit d,intéret, c'est quand tu défends une cause pour toi-même. Faire profiter tes concitgoyens de te spouvoirs de journaliste pour défendre un projet valable (dans lequel tu n'as aucun intéret) ou pourfendre un qui ne l'est pas, c'est pas du conflit d,intéret, c'est du civisme (pas besoin de dire que c'est tre`s controversé cette version, chez nous comme je sujppose chez vous. De plus en plus, surtout en Amérique du Nord, on préfère les "journalistes témoins" et non engagés.

Ma femme elle après l'université et quelques années à la maison à élever les enfants a pris la direction d'un ONG sur les personnes handicapées. L'un des (sinon le) plus important au Qubec. Pendant 12 ans. L'ai aidé. Fondé une revue (j'en ai été le directeur pendant 15 ans, ma femme rédactric een chef). Ai lancé l'idée d'États généraux sur la surdité au Québec. Puis de toutes les personnes handicapées. Ai été nommé président d ela Commimssion d'enquête sur la situation des personnes handicapées du Québec, pusi coprésident de la Semaine nationale des personnes handicapées.

Ayant fait le tour du jardin de ce coté, ma femme a démissionné pour devenir permanente à la Fédération des médecins omnipaticiens du Québec. S'occupait des négociations (la médecine est étatisée au Québec), des communications (radio, télé, presse écrite), des relations avec l'État, de la planficiation des effectifs (le Québec a six fois la superficie de la France mais dix fois moins d epopulation. ) Je l'aI aidé. J'allais aux congrès de médecins, elle est toujours venue à ceux des journalistes. Ne se considère pas journaliste mais, pendant quatre ans, a fait à plein temps le magazine Le Médecin du Québec.

On s'est aussi occupé de prisonniers. Avons siégé pendant plusieurs mois (environ deux ans) sur un comité consultatif (le premier du genre au Canada) dans un pénitentier. On faisait l'arbitre entre les détenus et la direction. On a même reçu des détenus et leurs conjoints sur notre domaine de campagne (mes parents n'aimaient pas beaucoup. Les détenus se sont bien comportés). Avons démissionné lorsque des détenus en congé (supposément pour favoriser leur insertion dans la société) en ont profité pour aller tuer chez lui le directeur du pénitencier. Là, on a cessé de jouer.

Dans les années 80, j'ai commencé à m'intéresse à mon père et ses camarades. Historien militaire (de réserve) j'ai accompagné les troupes canadiennes en Birmanie, Malaisie, Guam (Philippines propriété des USA), Japon, Hollande, Belgique (trois fois), France (sept fois), angleterre (trois fois où j'ai pu me prosterner sur la tombe de mon père, né et ayant vécu au Québec, mort sur une plage de France, enterré dans un cimetière miltiaire en Angleterre, comme quoi la vie est compliquée..).

Le journal me payait mon salaire, j'écrivais dnas le jouranl, l'armée me fournissait gite, transport, etc. J'ai publié 10 livres solo (je travaille sur un onzième...), fait des centaines de conférence (pas juste sur l'histoire militaire, Même si surtout là-dessus depuis l'an 2 000, sur la politiquie québécoise (au sens large du mot), le journalisme (surtout pour le public, rarement pour les journalistes) aussi. Des centaines d'émission de radio et de télé (mais c'est mon premier blogue, bien que j'aie aussi écrit sur la défunte "Journa-liste", un espèce de blogue qu'entretenait la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.
Aujourd'hui j'écris encore dans Cahiers de lecture (j'y recense les livres d'histoire miltiaire), l'Action nationale (j'écris également sur l'histoire ou l'actualité militaire), et le Bulletin d'histoire politique. (Histoire militaire mais aussi socio-politique ,surtout des mouvements de gauche...)

Je dirige une revue régimentaire pour l'armée canadienne. Je suis directeur-adjoint d'un musée militaire. Je fais d el'animation (en novembre dernier au Salon du lvire de Montréal, et je suis demandé cet automne pour leMusée de la guere à Ottawa).

L'Internet? Beaucoup moins que vous croyez. Le matin tôt (ma femme se lève une heure plus tard que moi...). Pendant que l'on prépare les repas (macho, je cuisine pas...) Le soir tard ou quand la télé (le soir) est ennuyeuse.

A part cela? Bien aujourd'hui (un lundi) 30 kilomètres de vélo avec ma femme ce matin. Sieste. Baignade dans le lac (un grand lac, non pollué, ou mon frère et moi somme spropriétaires de plus de 3 kilomètres de rive avec une seule maison (hiver-été et il fait -45C l'hiver.) J'ai une autre maison (vaste: 8 pièces plus un sous-sol et une grande cour et un garage intérieur. C'est l'Amérique et les espaces...) à Outremont (arrondissement de Montréal).Je vous quitte pour un téléfilm puis une heure de travail sur mon manuscreit d elivre.

Ca répond à vos questions? Ah oui, j'aurai 70 ans en décembre. Ma femme aura 67 ans à Noel. On va fêter mes 70 ans en Chine... En fait, jusqu'ici, je n'ai été que dans 72 États différents. En reste encore à voir... Ai visité la Suisse (en 2005, ma femme dès 1974. Elle a fait un stage d'étude en Europe). Ai fait des reportages en Allemagne, France, Angleterre, Hollande, Italie, Danemark, Portugal, Espagne, Belgique, Suède). Ai même passé 20 minutes en tête a`tête avec Chirac, ce qui a fait saliver bien des confrères parisiens.

Satisfaite maintenant? Ah oui. Ma femme prétend qu'à part parler et écrire (et lire) je sais rieni faire. Elle n'a pas tort. Je sais même pas planter un clou et j'ai besoin d'elle pour changer mes rubans d'imprimante et chaque fois que mon ordinateur flanche ou pour faire mes back-ups. Suis nul au point de vue techno (elle connait l'inifographie par coeur). Et j'ai un fils informaticien (dieu merci) qui me progrmame mon ordinateur (quand il vient à la maison, en mooyenne une fois par mois) et un gendre ingénieur (en téléphonie). Mais moi, jeconduis même pas une auto manuelle et n'ai jamais réussi à faire fonctionner une enregistreuse. (Je fonctionnais au carnet. Jamais de citation. Pas ce que le bonhomme avait dit, mais "ce qu'il avait voulu dire". Me semble que c'est plus important.

ok, assez bavardé. ma femme va devenir jalouse. Elle lit sur la véranda. Soirée magnifique au Québec. Fait 28C à l'ombre. On est entourrés de milliers d'arbres. Les belles montagnes québécoises (mais les montagnes en Suisse, vous connaissez).

Amicalement

Pierre Vennat
p.s j'envoie pas ma photo pour une unique raison. sais pas comment scanner...

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Vous avez raison Christine, il s'agit en premier lieu d'une problématique à aborder entre journalistes. C'est ce que j'ai personnellement expérimenté ces trois dernières années à la tête des rédactions du groupe L'Equipe. Comme avant d'envisager le nouveau design d'un site ou d'un journal, il est impératif avant de franchir l'étape "rédaction intégrée" de se poser la question du fond, de l'éditorial.
Quel éditorial devons-nous donner dans la journée à nos internautes, y compris l'envie d'aller vers le print le lendemain? Qu'offrir sur le print qui leur donne la curiosité de retourner ensuite sur notre site? Ce sont des questions à trancher au sein des rédactions, entre tous les membres, en sachant qu'internet n'est pas un (ou qu'un ?) média écrit. Du débat, de la com interne et des RH avant tout, ça en vaut la peine!..

ps: je vous envie d'avoir assisté à l'université d'été de l'IFRA, toujours passionnante.

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Merci Claude, de votre conseil. Comment cela se passe-t-il à l'Equipe actuellement? Une seule rédaction print/web? A quoi avez-vous renoncé dans le print pour ajouter l'activité web? Avez-vous engagé de nouvelles forces? Votre expérience m'intéresse...

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Désolé pour la réponse tardive: vacances à la française...
D'autant plus que j'ai été assez libre depuis avril, période où l'actionnaire unique de L'Equipe a mis un terme à mes responsabilités à la tête de l'ensemble des rédactions...
Depuis, alors que mon ambition était de faire collaborer les différentes rédactions entre elles (print, web, mais aussi TV, radio...), avec des résultats de fonctionnement tangibles dès 2007, je crois savoir qu'il y a eu un repli de toutes les entités sur le sujet.
L'idée était d'installer des passerelles entre les supports, via les responsables éditoriaux, afin que tous les journalistes se sentent au fil du temps concernés par tous les supports, sans perdre la priorité de leurs secteurs de prédilection, qui amène aussi la qualité éditoriale.
De plus en plus, au fil des mois, les journalistes print, par nature à L'Equipe à la source, sur le terrain, donnaient volontiers leurs infos "périssables" s'ils attendaient le print du lendemain, au desk du web, charge à celui-ci de prendre aussitôt le relais et d'enrichir ensuite les contenus.
Pour des raisons sociales et économiques, je n'avais pas réussi non plus à convaincre l'actionnaire de fusionner les rédactions web et print, ce qui est bien entendu l'idéal. La majorité des journalistes était ces derniers mois mûre pour une telle aventure me semble-t-il.
Cette expérience acquise, je suis prêt à tenter ma chance auprès d'autres médias...

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Bonjour,

l'Ifra (et plus particulièrement e-média sa filialle spécialisée dans le conseil) vend du.. conseil. Leur université d'été est organisée dans le cadre somptueux d'un ancien hôtel de luxe à St-Paul de Vence transformé en centre de conférences par Unisys dont la branche système éditoriaux été récemment cédée à Atex. L'objectif non avoué mais évident de cette "université" est de créer le besoin d'en savoir plus en montrant une faible lueur au bout du noir tunnel dans lequel s'est engagée la presse et naturellement ils pourront vous proposer leur services pour trouver la "lumière".

J'ai eu recours au services de l'Ifra quand j'ai lancé un projet cross médias aux Journaux du Midi en 2006 (je ne fais plus partie des effectifs depuis début juillet) Leurs perstations sont excellentes mais il faut payer pour monter chaque marche, et il y en a beaucoup.

Comme Claude Droussent (que je salue ici) je pense qu'une nouvelle version du site web d'un journal ne peut être entreprise sans une réflexion en amont sur la nature de l'information qui est traitée, sur le public auquel cette information est destinée, ainsi que sur l'organisation qui est nécessaire pour mettre en scène et diffuser simultanément ou pas cette information sur les supports qui conviennent (papier, web, i-pod, e-paper, mobile...)

C'est au cours de cette phase préliminaire que vont se "construire" plus ou moins naturellement les contenus de chacun des supports, la forme n'étant qu'une mise en scène plus ou moins pertinente.

Voilà succinctement pour le "front office". Côté "back office" c'est simple à formuler "il faut une putain de base de données" et nettement moins à faire car un mauvais choix technique peut réduire à néant tous les efforts faits pour la conception de la "matrice" des contenus. C'est généralement là qu'on perd la confiance des rédactions confrontées à des "machins" impossible à utiliser.

Enfin, et ce n'est pas le moindre, il faut à la direction de la rédaction une personne convaincue qu'il ne s'agit plus de savoir si on va affaiblir le contenu du quotidien en diffusant sur le web mais qu'il s'agit de savoir comment les gens qui font (encore) confiance à la marque vont trouver ce dont ils ont besoin dans leur vie sociale et leur vie de tous les jours (de l'info où je veux, quand je veux, comme je veux: voir le post d'Emmanuel Parody et les commentaires qu'il a suscités: http://ecosphere.wordpress.com/2008/07/19/je-lis-un-journal-papier/) grâce précisément aux déclinaisons physiques et numériques de cette marque.

Bon courage en tous cas et à votre disposition si je puis vous être utile.

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Bonjour,

Quelques mots sur ma petite expérience locale, dans un petit et jeune journal:)

Je travaille dans un quotidien gratuit étranger. Comme notre territoire n’est pas très grand, nous sommes un gratuit d’actu local mais généraliste. Et, en local, point d’agence. Notre valeur ajoutée, c’est donc notre traitement local et sur le web, notre réactivité sur ce type d’actu (et de services).

Nous avons essayé d’adopter un fonctionnement assez proche de la "rédaction intégrée" dès le début, c'est-à-dire depuis le lancement du journal et du site web en octobre 2007. Mais nous n'y sommes pas encore! Quelques points qui nous en rapproche, selon moi:

  • Pour l'instant, trois journalistes web mettent à jour le site toute la journée et les rédacteurs papier bossent pour le journal. Ce qui n'est pas très intégré... Mais...
  • Nous tentons en fait de créer des ponts entre print et web. A tel article papier, nous allons ajouter un diaporama ou une vidéo, par exemple. Ou un sondage, des commentaires. Et nous le disons aux lecteurs (« voir sur notre site web »,...). En gros, une partie du travail consiste à enrichir le contenu du papier, de donner envie au lecteur d’aller voir ce qu’on leur prépare en plus sur le web. Sinon, voici quelques aspects de notre "intégration":
  • Quand un journaliste assiste à une conf de presse importante, il appelle la rédac web à la sortie et nous donne les infos essentielles -ça me rappelle les vieux films, quand le journaliste transmettait les infos à partir d'une cabine téléphonique;). On pourrait améliorer ce point grâce à des accès mobiles au réseau (tél 3G,...).
  • La rédac web fournit aussi du contenu pour le papier, lorsqu'il faut rebondir rapidement sur une actu. Le premier parti sur une news fait le suivi et l'adapte aux supports.
  • Nous tentons aussi d'enrichir certains dossiers, et ce très rapidement où à contre-temps, pour rebondir, avec des itv par exemple.
  • Conclusion: nous, journalistes web, remplissons surtout un rôle d’éditeur. Même si nous mettons la main à la pâte pour aller chercher des news de temps en temps. Je pense qu’à l’avenir, il faudrait que tous les rédacteurs fonctionnent avec de multiples deadlines en prenant en compte les pics de trafic sur le site (8-10 ; 12-14 chez nous) et en fournissant le site avec des breaking news, le tout étant mis en ligne/en scène -vocabulaire Ouest France;)- par un éditeur web.
  • A mon avis, ça veut dire, à notre échelle (15 journalistes) recruter un ou deux journalistes en plus pour faire face à la charge accrue de travail. Surtout si on veut développer la vidéo.
  • Le back-office: print et web ont des logiciels complètement différents. Mais l’usage de l’un et de l’autre s’acquièrent aisément. L’effet petite structure? A noter: la moyenne d’âge de la rédac est de 30 ans à tout casser…

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Bonjour à tous, j'ai lu avec attention vos expériences réciproques et je tenais à mon tour à vous faire part de la mienne qui m'amène à plusieurs constats.

En lançant ses sites, le groupe Centre-France (La Montagne, Le Journal du Centre, le Berry Républicain et le Populaire du Centre) a souhaité créer une rédaction intégrée. Des passerelles techniques ont été mises en place pour permettre au journaliste d'envoyer ses informations, sans le faire sortir de son environnement de travail. Un confort qui n'a pas suscité l'adhésion de la grande majorité des journalistes qui n'ont aucune obligation, car pas de contrepartie si ce n'est de comprendre que l'avenir de leur métier passera par le web. Insuffisant !

En tant que journaliste webmaster, mon rôle est d'animer le site tout au long de la journée avec l'aide des journalistes du print. Je me situe au coeur de la rédaction, près des chefs de service, en prise directe avec les infos qui circulent toute au long de la journée de la conférence du matin jusqu'à celle du soir. Mon travail consiste à veiller à la bonne diffusion des informations et à leur hiérarchisation en temps réel. J'effectue une veille éditoriale sur le web afin de transmettre des informations utiles à ma rédaction et de les développer.

J'assure également la création et la modération des blogs, crée et alimente des dossiers, lance des sondages. Une grande partie de mon travaille consiste également à la production de contenus écrits ou vidéo pour apporter une plus-value à notre contenu web. Sur des événements majeurs, j'assure ainsi des couvertures en direct à l'aide d'un ordinateur portable.

Je collabore également à la production du print à travers articles, courriers de lecteurs, informations consultables sur le site. En lien avec la rédaction en chef et le matketing, je propose des chats, opérations spéciales, ou promotionnelles.

Un journaliste se trouve dans chaque titre du groupe. Nous tentons d'assurer des permanences durant nos absences réciproques. Un fonctionnement qui pâtit du faible nombre d'informations transmises par nos rédactions.

Mon expérience jusqu'à aujourd'hui m'amène à me poser tout un tas de questions que je vais tenter de résumer :

Une rédaction intégrée peut-elle fonctionner au simple bon vouloir des journalistes du print ? La réponse est non. Les conflits de générations dans les rédactions actuelles est un frein tout comme la position des syndicats.

Les effectifs du web ne mériteraient-ils pas d'être développés au regard de l'importance que va prendre l'information numérique plutôt que d'investir dans des changements de format pour vendre un journal qui est inexorablement amené à perdre des lecteurs ? Les directions me semblent rétives à l'idée de faire ce pari qui me semble pourtant le seul possible à l'heure actuelle. La mise en place d'une polyvalence me paraît périlleuse à l'heure où le print devrait se concentrer à donner une information de qualité et alors que les mentalités prendront beaucoup de temps avant d'évoluer.

La percée du web ne doit pas être, selon moi, un prétexte à réduire les effectifs de la presse écrite mais plutôt l'opportunité de restructurer et renforcer les rédactions présentes pour en tirer le meilleur profit. Utiliser les compétences de chacun par le biais d'entretiens et procéder à une nouvelle configuration des tâches de chacun tournées plus sur la hot news, la vidéo, l'interactivité pour le web, l'enquête, le fait divers, l'analyse pour le print. Une vraie réflexion s'impose si les medias veulent réussir sur le web ce qu'ils ont raté sur le print.

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