mediachroniques

C'est l'axe de développement prioritaire, pour le web, de la direction du journal où je travaille. Transformer les 120.000 lecteurs du quotidien gratuit en internautes.

Je me pose la question: est-il plus judicieux de faire passer les lecteurs du papier au web, ou de "chasser" sur le web de nouveaux internautes "locaux"? Il doit être possible de bénéficier d'un effet de marque, mais le fossé me parait grand entre le fait de lire un journal gratuit dans les transports en commun et de surfer au boulot sur le site de ce même journal.

Qu'en pensez-vous? Question subsidiaire: un internaute est-il souvent un lecteur et un lecteur, un internaute?

Partager

Répondre à cela

Réponses à cette Discussion

Je ne sais pas.

Je me pose de sérieuses questions quand je lis les commentaires des quelque centaines de personnes qui chaque jour écrivent sur le site de mon journal. (Ou de mon ex-journal, puisque officiellement, je suis retraité après 45 ans dans ce quotidien).

À La Presse, quotidien francophone à grand tirage de Montréal, (Québec, Canada), le journal a un site baptisé Cyberpresse (auquel d'ailleurs contribuent les six autres quotidiens du groupe de presse (Gesca) dans diverses villes du Québec.

Le site est mixte. En un mot, il reprend plusieiurs des textes des divers quotidiens, publie quelques textes rédigés spécialement par les rédacteurs de Cybepresse durant la journée (bref les principaux événements à mesure qu'ils arrivent et avant que le journal quotidien sorte (bref entre l'édition du matin et celle du lendemain matin...) ainsi que de plus en plus de blogues de journalistes conçus et écrits spécialement pour le site par divers chroniqueurs du journal. Des blogues qu'on ne trouve pas dans le journal "papier".

Tous les textes peuvent être commentés par les lecteurs et le sont abondamment.
Certains chroniqueurs attirent plus de 350 à 400 réactions par jour. (Je parle de réactions écrites. Sans doute sont-ils lus par des centaines (milliers?) d'autres qui se content de lire sans réagir.

Or... tout d'abord, ceux qui réagissent, me semble=t=il, sont dans une proportion de près de 50% des gens qui réagissent tous les jours (et même plusieurs fois par jour). À les lire, je ne crois pas que cela soit des lecteurs du journal papier. Mais à les lire, je me demande s'ils écrivent pour réagir au blogueur, ou si celui=ci leur donne des idées ou des prétextes pour écrire.

bref, la presse était un journal de classe moyenne. Bref pas trop intello, mais en même temps pas la presse populaire ou tabloïd (c'est d'ailleurs un journal grand format, comme par exemple Le Figaro à Paris...). Un peu aussi le même genre de clientèle.

Or sur le site, ce n'est pas du tout cela. On y lit des gens qui tutoient les journalistes (qu'ils n'ont souvent jamais rencontré. On a beau dire que les Qubéécois tutoient plus facilement que les Européens, ca fait pas mal familiers). Et puis qui s'engueulent entre eux. Bref bon nombre qui lisent ces blogues commentent les chroniqueurs mais aussi se commentent, discutent et s'engueulent entre eux, au ponit de s'inijurier quelques fois.

Le journal semble se réjouir. Ses blogues sont lus et les gens réagissent. Ils doivent se servir de cela pour justifier le tarif des annonces (car les sites de Cyberpresse attirent de plus en plus d'annonceurs. L'accès est gratuit, mais on doit s'inscrire et en s'inscrivant, on reçoit non seulement le privilège d'accéder au site mais également divers messages publicitaires (qui à la longue peuvent devenir emmerdants pour celui qui n'en désire pas...).

Bref, on vend des "lecteurs" aux annonceurs. Mais je me demande si c'est pas exagéré. Pour la bonne raison que j'ai l'impression qu'il y a bon nombre de gens là-dedans qui, dans le fond, se servent de ces blogues pour "être lus eux-mêmes". En un mot, un fort nombre (plusieurs dizaines) des habitués, écrivent non pour commenter le journaliste, mais pour être commentés eux-mêmes. Pour leur gloriole.

Est-ce une bonne chose? Certains diront oui. Tout le monde s'exprime. D'autres (j'en suis) trouve que beaucoup de gens écrivent n'importe quoi, n'importe comment, n'importe où. car on se demande à lire quelques-uns, où ils trouvent le temps pour ainsi écrire un commentaire pratiquiement toutes les heures.

S'ils sont étudiants, dovient pas étudier bien fort. S'ils sont au travail, doivent pas travailler bien fort. Tout cela pour dire que le ton des messages que je lis sur les sites de mon journal (ton qui vole souvent très bas...) est très différent de celui des lettres (plusieuirs centaines) de lecteurs que l'on recevait lorsque je faisais partie de l'équipe éditoriale du journal et qui souvent étaient de niveau intellectuel très élevé.

Bref, le journal (ou son site internet) trouve de nouveaux adeptes. Ceux-ci lisent-ils (ou lisaient-ils) le journal écrit? Pas prouvé. Lisent-ils même les nouvelles qu'on place sur le site du journal (pas toutes et pas toutes intégrales mais un bon résumé?) Peut-êetre,mais les commentaires sur les textes d,information sont beaucoup moins nombreux que les commentaire suscitées par les blogues, genre "chroniques d'humeur" . bref les sites des chroniqueurs sportifs, de spectacles, de journalistes qui disent touit et rieni sont beaucoup plus commentés que ceux sur la politique internationale, les problèmes d'environnement et de pollution, d'éducation, etc.

Écrivez un blogue (et accompagnez le d'une photo) sur une actrice qui se dénude en public et vous aurez 400 réactions en 24 heures (et peut-etre même plus rapidement). écrivez un blogue pour sensibiliser les gens aux massacres du Darfour et vous serez chanceux si vous avez 25 réactions écrites.

En tant que journaliste, ça m'interpelle.

Voilà, cher collègue luxembourgeois, ce que votre blogue a suscité de réactions chez moi.

Pierre Vennat
vieux routier du journalisme québécois

Répondre à cela

Merci pour ce retour d'expérience:)

Mais peut-on réellement analyser les internautes du site d'un journal via l'infime minorité qui poste des com? A voir, les chiffres de rue89, on peut en douter. Narvic souligne que 80% des commentaires sont postés par 10% des commentateurs, qui eux-mêmes, chez rue89, ne représentent que 0,75% des internautes. S'agirait-il seulement des forts en gueule, comme on dit?

Répondre à cela

Entre Boulot et Transport en commun ont est assez proche. On peux se pencher sur le problème a tête reposé si nous donnez plus d'informaition. Sans connaître le contexte luxembourgeois ou vos chiffres j'ai une 1er idée. Permettre l'impression d'une édition du soir depuis le bureau que vos lecteurs pourrait emporter avant de partir ou à leur pause déjeuner. Si vous concevez la page avec intelligence vous devriez être en mesure de suciter des réactions. Faire des synthèse sur papier de ce que les réactions ont été.

En France, regardez aussi du coté de 20minutes.fr ils ont reussi un vrai transformation. Ils sont maintenant au niveau de Libé.

Curieusement Métro a ouvert un site qui a toutes les caractéristique d'un site participatif mais il y a pour l'instant quasi aucune vie.

Voir google trend for website.
http://trends.google.com/websites?q=liberation.fr%2C20minutes.fr%2C...
NB Le début de la courbe est due à la fin de présidentielle.

Répondre à cela

RSS

À propos

Jeff Mignon Jeff Mignon a créé ce réseau social sur Ning.

Créez votre propre réseau social !

© 2009   Créé par Jeff Mignon sur Ning.   Créez votre propre réseau social

Insignes  |  Signaler un problème  |  Confidentialité  |  Conditions d'utilisation

Ouvrir une session pour clavarder