mediachroniques

Pierre Chappaz

Journalistes et bloggeurs: le mur de Berlin est-il tombé ?

"Tandis qu'en France, crise oblige, les journalistes continuent de regarder d'un oeil méfiant les blogueurs, ces "médias amateurs", aux Etats-Unis, la société des journalistes professionnels organise des sessions à 25$ la journée pour former les blogueurs aux bases... de leur métier!"

Lu chez Benoit Raphael

La formation dispensée, décidemment pas très chère, insiste sur les classiques du journalisme ("éthique journalistique", "où trouver les bonnes infos", etc.)

Benoit est le rédacteur en chef de Lepost, le Media 2.0 du Monde, une variante de Digg-like piloté par des journalistes, qui semble marcher plutôt bien.

Je vous invite à lire la suite du post sur le blog de Benoit ("Demain tous journalistes") Quand les journalistes apprennent aux blogueurs à devenir des médias

(Publié aussi sur mediachroniques, un blog collectif à base Ning où s'expriment Francis Pisani, Philippe Couve, Jeff Mignon, Benoit Raphael, et Catherine Lottier de Canal Plus)


Le mur de Berlin est tombé


De mon côté, je pense que le mur de Berlin qui sépare journalistes et bloggeurs est déja tombé.

Les meilleurs bloggeurs construisent des medias, dont la crédibilité repose déja, comme celle des médias traditionnels, sur l'expertise et ... sur la marque!

Des marques comme Techcrunch, GigaOM, Mashable, Dailykos aux US... et aussi Scobble ou Jeff Jarvis (ah oui! une différence quand même, certaines marques de blogs sont des personnes, plus connues que leurs blogs: les blogs voient le triomphe de l'ego-marketing)

Versac, Presse-Citron, Embruns, AccessOweb ou même Morandini en France (et bien d'autres).

La distinction entre bloggeur et journaliste est devenue floue. Si la plupart des bloggeurs ne sont pas payés, la dimension commerciale n'est cependant pas absente des blogs, au point qu'on dit des bloggeurs qu'ils sont des "intellectuels commerciaux".

Ego-marketing et Google-mining


Nicolas (Versac) ou Cavazza sont consultants, l'un en com, l'autre en design. Ouriel conseille des VCs. L'avocat Eolas fait son marketing (et moi aussi). Les blogs, c'est aussi le Google-mining, dont procède l'industrie de blogs trash/people, chauffeur de buzz et ses imitateurs. Les milliers de bloggeurs qui participent aux réseaux de monétisation, pub et posts sponsorisés.

Et puis les blogs de journalistes se multiplient!

Que reste-t-il vraiment pour différencier bloggeurs et journalistes ? si ce n'est une question de génération, de business model, de mots et peut-être de valeurs: le disclaimer étant aux bloggeurs ce que la déontologie est aux journalistes. Les bloggeurs ont moins souvent peur du business que les journalistes, (pardon j'allais écrire 'que leurs prédécesseurs').

Ensuite, bien sûr, il faudrait discuter des pratiques différentes entre les journalistes et les bloggeurs: importance de la conversation, du réseau, des liens, du temps passé sur Internet tout simplement ...

On peut se demander si l'avenir de la profession de journaliste n'est pas tout simplement: bloggeur.

PS: je suggèrerais volontiers un nom pour un blog à créer: "Demain tous bloggeurs"

(Billet publié sur mon blog: Kelblog)

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2 Commentaires

manuel Atréide Commentaire par manuel Atréide le 17 Juin 2008 à 11 01
A lire ce blog je me pose une question :

Et si l'avenir bouchait était moins l'apanage des journalistes que celui des rédactions et par là même, des éditeurs ?

Après tout, en ces temps de réseau global, pourquoi passer encore par une rédaction quand un blog permet de toucher autant voire plus de monde ? Comment justifier le cout financier d'une rédaction, de ce filtre dont l'existence s'expliquait par le nécessaire choix des papiers à publier dans un espace limité, que ce soit les feuilles d'un papier ou le temps d'un JT ?

Il y a bien sur la question cruciale de la rémunération. Mais je suis persuadé que les évolutions des médias créées par l'irruption du web va secréter ses propres nouveaux outils de rétribution. Peut être moins confortables car il faudra sans doute souvent être au top, peut être moins rémunérateurs, encore que ...

peut être qu'au final, entre les blogs, les réseaux sociaux, les agrégateurs, ce sont les titres et leurs rédactions qui pourraient disparaitre. pas une bonne nouvelle pour les magnats de l'édition, à moins qu'ils ne se reconvertissent dans l'activité peu gratifiante de l'hébergement.

Si c'est le cas, d'autres métiers risquent fort d'en prendre un coup. Moins médiatisés que les journalistes, les secrétaires de rédactions, entre autres, risquent de faire les frais de la reconversion du secteur.

il est quand même encore un peu tôt pour se prononcer sur la direction que prendra la mutation. Ce qui est sur, c'est qu'elle est en marche. Et qu'on ne pilote jamais bien un bulldozer quand on n'est pas au volant parce qu'on court derrière.

Demain, tous conducteurs de travaux ?

Manuel Atréide
pierre vennat Commentaire par pierre vennat le 17 Juin 2008 à 21 14
Le blogue, c'est pas l'avenir, c'est le présent.

Il est évident que de plus en plus de journalistes vont écrire sur des blogues, que cela soit celui de leur journal ou le leur propre.

D'ailleurs (en tout cas chez nous au Québec) les médias l'ont compris. Radio-Canada (télé) et La Presse (Cyberpresse, ce qui inclut les sept autres quotidiens de l'empire) encouragent leurs journalistes à avoir des blogues et, effectivement, les principaux chroniqeurs en ont. Certains attirent plus de 300 commentaires par blogue (et même par jour dans le cas de Patrick Lagacé, le plus prolifique).

Mais tous ces journalistes sont multimedia. (Lagacé écrit quelque six posts par jour sur son blogue publié par Cyberpresse, deux ou trois chroniques dans le journal écrit et anime à la télévision une é.mission hebdomadaire courrue. C'est qu'au québec, les médias apparatiennent à des conglomérats et donc, il y a convergence entre les divers types.

mais passons.

Les blogues, si nécessaires soient-ils, sont un moyen.

Autrefois, il y eut l'imprimé mais les journalistes rédigaient leurs textes au crayon ou à la plume. Puis vint la machine à écrire puis le traitement de texte pour la presse écrite.

Il y eut ensuite la radio, le cinéma muet et parlant (pour les documentaires), la télé, etc.

Des moyens de communiquer et non une fin. Et incidemment, aucun n,a fait disparaître l'autre, certains semblant croire ici que le blogue va faire disparaître l'écrit, etc. On a cru cela aussi avec le cinéma, qu'il ferait disparaître le théâtre et que la télé ferait disparaître le cinéma.

L'avenir du journalisme? Tout d'abord l'éducation permanente. DAns un monde de plus en plus complexe, le journaliste devrai toujorus apprendre et se tenir à jour s'il veut pouvoir comprndre le monde qui l'entoure (ou à tout le moins une partiE) et puis ensuite l'expliquer en termes compréhensible à ses lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Ce qui signifie toujours lire, (quel que soit le moyen) écouter, regarder, suivre des cours, assister à des conférences, des colloques. Il est là l'avenir: s'instruire d eplusen plus.

Quant aux blogues,incontournables à mon avis, ils sont un moyen parmi d«,autres comme la télé, la caméra, l'appareil photo, le téléphone cellulaire et sans fil, l'enregistreuse, la télé, la radio, l'infographie, etc. Un journaliste devrait bloguer (ou en tout cas être favorable au blogue) mais il ne doit pas faire que cela.

mais disons que le blogue est , dans le moment, le moyen le plus nouveau et sans doute celui qui offre le plus de perspectives notamment de dialoguer avec son public. Ce que lejournaliste d'hier ne faisait que rarement.

Donc c'est le moyen de communiquer le plus "in" présentement.

Mais dire que c'est l'avenir?

Mon grand-père est né en 1869... Il a vu apparaître successivement (mais pas nécessairement dan sl'ordre) l'automobile, le sous-marin, l'avion, le téléphone, la radio, le train rapide, la télé, le cinéma (muet et parlant), la bombe atomique, les guerres mndiales, et j'en passe.

Moi j'ai ``a cela ajouté l'Internet, les blogues, le i-phone, le téléphone sans fil, l'homme sur la lune, etc.

Alors je ne prédis pas l'avenir. Je dis simplement qu'apre`s le blogue, il y aura autre chose.

Quand? Au rythme où les chose sprogressent de nos jours, l'avenir, c'est demain. Et demain, cela pourrait être cet après-midi ou ce soir.

Alros mon cher Pierre, tout ce que je peux dire avec vous, c'est que le blogue est un incontournable, que c'est incontestablement la découverte la plus importante pour promouvoir l'information de nos jours. Mais qu'elle sera, dans un avenir plus ou moins prochain (que je ne connais évidemment pas) et peut-etrte de mon vivant, remplacée par autre chose.

Quoi? J'en sais rien. Mais je ne suis pas inquiet.

Pierre Vennat
Vieux routier du journalisme traditionnel
Jeune accro de l'Internet et des blogues.
En attendant autre chose...

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