mediachroniques

Mes activités professionnelles m'ayant tenu éloigné de Médiachroniques pendant plus d'une semaine, j'y suis revenu hier et me suis tapé depuis tout ce qui s'est écrit en juin. Tout ce qui se dit (même quand je ne suis pas entièrement d'accord ou ne comprend pas tout, tant certains de vous êtes plus technos et plus compétents que moi sur plusieurs des sujets traités) m'intéresse.

Mais au risque d'avoir l'air hors d'ordre, je voudrais commenter ici certains propos de mon ami Jeff Mignon et d'autres, non pour réfuter, pourfendre, etc., mais dnas un but de dialogue, même si parfois, j'ai l'impression d,etre l'un des rares ici sur ce blogue à avoir fait la majeure partie de sa carrière dans les médias traditionnels ou le livre (on parle peu du livre ici, mais les essais sociologiques, historiques, philosophiques, économiques font, selon moi, partie de "l'information" (ou en tout cas de la formation). bieni sur, plusieurs extraits et même l'oeuvre au complet) sont sur le net,mais je me vois mal lire tout un livre de 400 pages ou plus sur écran d'ordinateur (et quant à l'imprimer, aussi bien l'acheter ou aller le consutler à la bibliothèque). Et puis moi, un livre, je peux le traîner partout: sur la plage, dans le métro, en auto (si je ne suis pas le conducteur évidemment). Je ne traîne pas mon ordinateur sur la plage... D,.où, cher Jeff, l'utilité de USA Today ou de Newsweek.Vous avez raison, au point de vue "information", il ne vaut pas plus (pas nécessairement moins) que ce que je trouverais en surfant. Mais je peux le traîner partout et si jamais le sel (de la mer), l'eau, le sable, les abimait, je peux ou les faire sécher ou aller en acheter un. Mais mon ordinateur sur la plage, ma femme ne veut pas (et elel a bien raison).

Indidemment, j'écris de montagne et bien que mon ordinateur fonctionne à batterie, les nombreuses pannes de téléphone et d'électricité dans cette région montagneuse où tous les fils et poteaux sont hors terre et tombent fréquemment (ou des branches tombent sur les fils) font que je dois souvent ne pas pouvoir me servir de mon ordinateur ou en tout cas de l'Internet. Le livre, lui, ou un journal ou revue,je peux même pendant une panne d'électricité (à condition que cela soit le jour biein sur et que je sois à l'abri à l'intérieur). À lire certains ici, on dirait que vous passez la journée à l'intérieuir à coté de vos ordinateurs et que vous n,allez jamais "jouer dehors"....Et que bien peu d'entre vous vivent, comme moi (depuis ma retraite bien sur) ,la majeure partie de l'année dans des montagnes, au bord d'un lac, entourré de milliers d'arbres, à un kilomètre du premier voisin, dix de la route nationale et 16 du premier village (de quelques centaines d,äme). Le reste de l'année, j'en conviens, je vis à Montréal (à cinq minutes de marche de l'université du même nom...)

Mais venons au vif du sujet. Tout d'abord, je veux dire que comme Cedric a écrit il y a pas si longtemps, j'aime les médias et le surf et trouve ce que je cherche à la fois dans l'un et l'autre. C'est ce qui me rend si perplexe en lisant plusieurs. Cette volonté que l'Internet, les blogues, l'information sur la toile "remplace" les médias traditionnels ou non. Que le journalisme citoyen, même, puisse faire disparaître les médias et les journalistes professionnels.

J'ai toujoujours eu de la difficulté, chaque fois que je vois une nouvelle invention apparaître, à comprendre pourquoi certains adeptes d ela nouveauté voudraient faire disparaître ce qui existait déjà. Moi je suis pour les ajouts. Le disque, les DVD ne m'empêcheront pas d'aller assist er à un concert en personne. Le match sportif diffuisé en direct à la télé (et même depuis quelque temps sur Internet) ne m'empêcheront pas d'alelr au stade. bref, oui à la toile, oui à l'ajout considérable (pour ne pas dire indispensable) de l'information par la toile,mais je continue, selon les heures, selon les endroits, les momoents, les besoins, de lire (de grtos bouquins), de consutler un journal (ou de le lire tranquilement le matin en prenant en pyjama et pantouffles mon uus d'orange, mon café matinal,mes oeuofs, mon bacon et mes roties en bon nord-américain queje suis), je regarde la télé (surtout les nouvelles continues, bref l'écran est ouvert à la journée quand je suis à la maison), écouter la radio (surtout en auto) et d'alelr au cinéma (pour me diovertir mais des fois pour voir des documentaires). Pour moi, l'arrivée du traitement de texte, puis de l'Internet fut un tout, comme quand, petit gars, la télé. est arrivée au Québec (en 1954, j'avais déjà 15 ans, j'ai donc vécu 15 ans sans télé et je n'en suis pas mort... J,aI VU CELA comme un plus, mais j'ai pas cessé pour autant d'écouter la radio...)

Donc je comprends mal ceux qui voudraietn faire abolir la presse traditionnelle, surtout la généraliste. Ne serait-ce que parce qu'un bon nombre de Québécois (et sans doute de Francais) n'ont pas d'ordinateurs. (On peut-on doit- le déplorer mais c'est ainsi). Et pas seulement une question de générations. Je connais un paquet de jeunes qui n'ont pas d,«ordinateur (surtout souvent pour des raisons économiques) ou les moyoens d'avoir Internet. Et des retraités qui viennent de découvrir les joies de l'ordinateur. Alros vouloir réduire cela à un conflit de génération me semble inexact. Mais à des conditoins économiques me semble p9lus près (en tout cas ici) de la vérité.

Je prends un exemple. Ma femme a été cadre pendant 18 ans à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Elle a fait partie de ceux qui, avec le gouvernement, a voulu implanter l'informatisation des dossiers médicaux et la carte puce qui permettrait à un individu qui entre dans un hopital n'importe ou d'avoir son dossier médical apparaitre sur l'écran. (Avec sa permission bien sur). Cela serait très utile en cas d'accident, etc. Et bieni en 2008, la majorité des médecins québécois n'ont pas d,odinateur, ne le consutlent pas (y comrpris bien sur pour acquérir tout le savoir scientifique qu'ils y trouveraient), pire. La majorité écrivent encore "à la plume", même pas à la machien à écrire (heureusement que plusieurs ont des secreétaires).

Je ne serais pas surpris qu'il en soit ainsi pour les avocats, etc. Alors imaginez monsieur et madame toutle monde (et ne venez pas me dire que les Québécois sont plus arriérés que les autres. Voudrait bien entrer dansles chaumières francaises,moi...) Qu'est=ce qu'on fait de tous ces gens? On les laisse tomber? comprenez-moi bien, je ne dis pas qu'onne doit pas essayer de les convaincre de s,informatiser, je dis que la solution de force (comme les banques qui ont fermé de nombreuses succursales et obligés des milliers de contribuables à se munir de cartes bancaires) n'est pas la bonne. Je suis, moi, pour l'éducation et les mesures d'encouragement, Jamais cooercitives. Même pas pour les codes d,éthiqùe à l'intentiion des journalistes et des blogueurs.

Cela dit, Jeff citant l'expert mondial de média Robert Picard , dont je ne doute évidemment pas de la compétence (qui serais-je pour mettre en doute la cop9étence de cet exprt qui crèche en Suède ouo de Jfeff lui-même qui est en demande partout en Amérique du Nord (et sans doute ailleurs...). écrit que les journalistes seraient les seuls à considérer que l'information a de la "valeur".

Disons tout d'abord que Jeff (et les autres) ont raison de considérer que trop de journalistes (surtout dans les grands médias dits "nationaux", bref le Monde, le Washington Post, le new York Times, et même La Presse le journal où j'ai oeuvré pendant 45 ans et auquel je me considère encore lié (j'y vais encore quelques fois par année...) ont des attitudes de snobs, régnant au-dessus de la masse. Comme il y a des blogueurs ou spécialsites de l'Internet qui considèrent des gens peu au fait comme moi comme indignes d'eux (ou ignorants0, comme il y a des chirurgiens de grands hopitaux qui snobbent le médecin de campagne, comme de grands avocats dans de gros bureaux snobbent l'avocat rural, le gars de la ville le cultivateur, le parisien le gars de corrèze ou de région, etc. Vrai.

Mais j,ai vite pris jeune ma leçon. Jétgais justement dans les Hautes-Laurentides où ma famille a un vaste domaine depuis un siècle (5 générations) et je causais avec le seul journaliste de l'hebdo local. Il me dit: vous à Montréal (plus de 3 millions d'habitants avec la banlieue0, vous pouvez écrire deséditoriaux contre le président américaini, l'URSS (le mur n'était pas tombé à Brlin), la guerre ici et là, le premier ministre du Canada ou du Québec, le maimre de Montréal, critiquer tel ou telle compagnie, etc. Écrire pour lagloire. Faire des commmentaires à la télé, dénicher des scandales, etc. Vous etes perdu dans l'anonymat de la grande ville.

Moi ici, il n'y a qu'un commerce, le maire est près de chez nous. Quand une usine ferme ici, dans un bled de 2 500 habitants et un territoire qui en a au plus 15 000, ce n'est pas une nouvelle économique, c'est ma femme, mon voisin, mon cousin, une connaissance qui perd son emploi. Quand je dénonce un scandale, fut-il vrai, une lacune, je risque qu'un investisseur potentiel ne s'établisse pas chez nous à cause de cela. Et puis il n,y a ici qu'un seul super-marché, un seul cinéma, etc. Alors si je déplais, je risque qu'on m,e casse la gueule, tout le monde sait où j'habite. Alors oui,je fais du journalisme complaisant. Mias je rends service. Je me fais le promoteur de ma région, je n'écris que des nouvelles positives (et des fois il embellissait un peu...).

J'ai adopté cette politique (et me le suis fait reprocher par des journalsites qui me disawient que j'étais en conflti d,intérêt). Et je me suis mis à faire (et j'ai fait une bonne partie de ma carrière) peut-etre pas à plein temps mais en tout temps, du "journaisme de service". J,ai aidé les personnes handicapées (j'ai même présidé une commission d'enqu¸^ete sur leur état, diffusé leurs messages). J'ai prêché pour les Laurentides à tel point qu'une année, à L'Annonciation (le village dont je parlais plus haut) on m'a nommé président d'honneur du festival.

J'ai présidé le "comité d'école" (commité consultatif) des institutions scolaires où étaient mes enfants. Et non, je ne jouais pas au journalistre en sawchant plus que les autres. Ce sont les autres Iparents0 qui sont venus me chercher, m'ont dit; vous avez des contacts,vous, venez nous représenter auprès des autorités scolaires, du ministère de l'Éducation,ec. J'ai aussi été impliquié dnas des syndicats (je parle pas de syndicats de journaistes), des associatioans de vétérans,d e personnes handicapées, ma femme et moi avons défendu les droits de prisonniners, etc. Pas juste dnas les médias. Non, offrirnos services bénévolement pour les aider à préparer des mémoires pour le gouvernement, à faire 9eux-mêmes) leurs bulletions internes, organiser des conférences de presse,e tc.

Alros quand je lis que l'informatiion n'a pas de valeur, jene comprends pas. J'étais souvent tranquille chez moi et on venait me chercher et on disait: on a besoin de toi (je ne sais pas dire oui). Bon, c,est pas le cas de tous les journalsites (malheureusement). Mais dire que les gens n'accordent pas d'improtance (de valeur par conséquent, à moins que l'on ne s'entende pas sur le mot valeur et le sens à lui donner) à l'informatioin ouque seuls lesd ournalistes en accofdent me sdemble faux.

Les annonceurs et les investisseurs? Ils craignent commela peste les papiers dévastateurs (ON N,A Qu'à penser à toutes les informationis sur les scnadales financiers awu Canada et aux USA ces derniers temps. Ca a eu des conséquences énormes en bourse0. Par contre, on n'a qu'à venir dans un journal aux patges économiqu3es (je le sais, j,aidirigé celles de la presse pendant un an) pour voir toutes les pressions d'attachés de presse et de relationnistes qu'on avait pour parler en bieni de leurs produits, predsque faire des publi-reportages. Un coup de pouce pour une compagnie,un nouveau produit a surement de la valeur à leurs yeux.

Et que dir des politicienis? Tous les mations ils se font venir des revues de presse, craignent comme la peste toute information (p9ublicité) négative. et bien sur apprécient qu'on parle de leurs bons coups. En tout cas, si l'informatioin n'a de valewurs qu'à mes yeux (et ceux des autres journalistes0 comment expliqu3r tous les télé;hones et lettres de menace, le cocktail molotof dans mon garage, le saccage (par deux fois) de mon domicile parce que les informatioins que j'avais diffusé ne plaisaienit pas (bon, on dira que c,est de la valeur "négative" mais je m'occupa is alors de crime organisé, et les mafiosi en question n'étaient pas des gens recommandables. Mais ils trouvaieint que mes informations avaient surement de la valeur destructive pour eux).

Mes informations (positives) n'avaient pas de valeur, mon cher Jeff. Mais j'ai chez moi des tas de lettres, de plaques, qui m'ont été données par des groupes (sans but lucratif) ou des individus, pour du travail (bénévole, je crois au bénévolat moi, pas juste au $$$$, contrairmeent, je dois le dire, à plusieurs de mes confrères journaistes qui ont souvent prétendu que quand je prêtais mes services bénévoles à des gens,j'empècjhais un pigiste de faire le même boulot en facturant...) qui me remerciaienit des services que moi (souvent avec ma femme, qui cadre d'abord dans un ONG durant 15 ans puis à la Fédération des médecins omnipraticieni du Québec pendant près de 20 ans) s'est occupé également d'aider bieni des gens) dans les milieux scolaires, personnes handicapées, urbains (associations de prop9riétaires), écologiques, et mainitenant les vétérans (mon père s'étant fait tuer, tout comme son frère,mon oncle, outremer dans les guerres du 20e siècle, j'ai infiniment de respect pour les anciens combattants qui ont souffert en tant que blessés, prisonniers, etc.)

ces gens, eux, semblaient trouver que mon travail d'informateur, de formateur, etc. a aidé et avait de la valeur. Mes patrons aussi. Et le gouvernement canadien m'a décoré. Pas pour du journalisme mais pour ma contribution à l'histoire militaire. Écrire l'histoire, c'est aussi informer.

Je termine,j'ai été trop long.

Mais vouloir considérer les journalistes comme des gens désinicarnés. Qui seraient difeférents des autres ou regarderaieint les gens du haut d»'un piédestral sreait exagéré.

Je n'ai aucun journaliste dans ma famille. J'ai par contre unbanquier (mon frère, qui a été notammetn président de la Banque de développement du Canada (organisme fédéral du gouvernement dcanadien ressemblant un peu à votre Banque de France), beaucoup de gens d'affairews (des thèses ont été rédigées sur ma grand-mère paternelle et ma mère qui ont été des pionnières fémines (elles préféraient ce mot à "féministes") au Québec en tant que femmes d'afaires et dirigeanites d'entreprises au moment où le Québec en comptait peu. Et j'ai la même compagne de vie depuis 1960, qui n,est pas journaliste, un fils informaticien et une fille avocate-MBA (maîtrise en administrationi) et courtières en valeurs (bourse...) et un gendre ingénieur spécialisé en télécommunications (le téléphone sdans fil surtout).

J'ai des amis, des voisins,d es cousins, je parle aux gens et personne ne ssemble considérer que je fais partie d'une classe de citoyen à part. Mais tout le monde consindère que je peux et doia aider en me servant de mes relations dnas les médias pour aider mes cncitoyens. Je pense l'avoir fait et les gens semblent consdidérer que ce travail a, pour eux (et non pour moi en tant que salaire...) une valeur.

Voilà c eque je voulais dire et écrire, même si je suis probablement hors d'ordre sur ce site où on discute surtout techno . Et où, quand j'ai voulu parler d'éthique (volontaire) pour les blogueurs et de tribunal (uniquement moral) pour dénoncer ceux qui ne respecteraient pas un code que tous s'engageraient à accepter (sur le modèele du conseilde presse québécois), on m'a presque traité de censeur et que sais-eje encore.

Bof, on ne peut pas plaire à tout le monde et son père. Surtout moi, qui ai perdu mon père à 3 ans, mort commando sur une plage de France en 1942, dans un raid prématuré (deux ans avant le Jour J), parce qcu'il croyait ainsi défendre la literté. Je n'ai donc jamais eu à plaire à mon père. Et je n,ai jamais réussi à plaire à tout le monde. Mais je passe l'examen auprès de ceux qui me connaissent (et qui savent que je suis journaliste ouo l'ai été). C'est toujours cela de pris.

Pierre Vennat


Je dois tout de même pas



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4 Commentaires

pierre vennat Commentaire par pierre vennat le 26 Juin 2008 à 8 00
merci beaucoup de vos commentaires et de l'enocuragement.
Je fais mon possible pour améliorer mes connaissances techniques.
Pour l'achat de matériel techno plus sophistiqué, malheureusement, les ressources d'un retraité (ce que ma femme et moi sommes, malgré que je continue parallèlement un travail d'historien plus "pour la gloire" que pour des frais d'auteur ou des cachets dérisoires) ne permettent plus l'achat de matériel coûteux. Déjà le simple fait que ma femme et moi nous soyons achetés chacun un ordinateur portatif, abonnés à l'internet à la maison et dans la montagne (compliqué dans la montagne, impossible d'avoir l'Internet rapide, faut être patient) et une imprimante a pas mal grugé notre budget. Sans compter les frais de téléphonie.
Je me console en me disant que mon ex-journal (où je retourne faire un tour de temps en temps) est, lui, à la fine pointe du progrès, publie un site intéressant (Cyberpresse) pour les sept journaux du groupe Gesca et encourage ses journalistes à avoir chacun leur blogue et dialoguer avec leurs lecteurs, qui semble s'avérer un succès.
Moi j'étais un journaliste "20e siècle".
Nous sommes dans le 21e. ceux qui prennent ma relève (après 45 ans de métier) partagent vos vues et vont les mettre en pratique.
Alors voilà.
Quant à intervenir encore sur Médiachroniques, je le ferai surement.
Mais seulement quand j'aurai l'impression d'avoir quelque chose d'utile ou d'intéressant à dire.
Sinon, il y aura redondance et les gens se lasseront.
Pierre Vennat
Christophe COQUIS Commentaire par Christophe COQUIS le 26 Juin 2008 à 7 02
Bonjour @ tous,
Déjà merci pour la création de mediachroniques qui me donne de nombreuses analyses et avis sur cette évolution de l'information que provoque le web et le numérique.
Un mot aussi à Pierre Vennat : continuez à faire des papiers avec des digressions partout et un style qui se contrefous de l'écriture web, cela fait du bien et donne un ton différent à mediachroniques.
Sur ce billet quelques modestes réflexions :
Pour qu'une information ait une "valeur", il faut 4 critères à mon sens. Elle doit être disponible, actualisée, complète, qu'elle apporte un élément nouveau par rapport à une situation antérieure.
Sur le web versus papier comme outil d'information : elle ne remplacera pas le papier mais permet de construire son univers d'information de manière différente. Le web permet de hierarchiser et sélectionner l'information beaucoup plus rapidement. Mais cela demande une période d"apprentissage" que je vois en 3 phases :
- la phase d'acquisition technique des nouveaux outils du web,
- la phase de "boulimie informative" (maintenant que je maîtrise les outils, je me noie sous l'information),
- la phase du choix des canaux et outils d'information pour personnaliser mon flux par rapport à mes besoins et à mon temps disponible.
Le papier lui continuera à vivre sous 3 formes: un produit de luxe / de niche éditoriale / de gratuit "jetable". Il se situera pour les "grand journaux d'informations" au bout du processus d'acquisition de l'information pour approfondir / analyser / synthétiser.
Enfin sur le rôle du journaliste. Il a un désormais un rôle plus complexe, à la fois de hiérarchisation/rédaction/médiation/conversion.
Mais une chose qui distingue le journaliste du citoyen XY : sa matière première, se sont les faits ; son travail quotidien, c'est avant tout l'écriture journalistique. Et cette écriture quotidienne (parce que c'est son métier) permet d'acquérir un style, un rythme, une richesse de vocabulaire, bref un savoir-faire que n'a pas forcement le "journaliste citoyen". Et cette différence explique pourquoi une information se valorise avant tout par le travail du journaliste.
pierre vennat Commentaire par pierre vennat le 24 Juin 2008 à 13 42
Je pense commencer à comprendre oû vous voulez en venir, encore que selon moi, les faits ont une certaine valeur en soi (ou si on aime mieux, si l'information est erronnée ou ne rapporte pas bien les faits, elle n'a pas de valeur (pire, elle pourrait avoir une valeur destructive, comme quand on démolit une réputation avec des faits faux...) Mais je suis d'accord que la valeur de l'information repose dans ce qu'on en fait. Et j'en donne des exemples. Cela dit, j'aurais aimé qu'il soit dit une fois pour toute sur ce blogue que si on veut un dialogue sain pour améliorer les médias, on devrait adopter l'attitude de Cedric et rabrouer tous ceux qui, sur ce blogue, souhaitent la disparition de quelque média que ce soit. Moi je ne veux la dispariton de rien, mais l'enrichissement (l'amélikoration) de tous. Et je sais que c'est également, cher Jeff, votre avis. Alors criez le haut et fort.
Sur ce, moi, je suis en vacances, espérons le jusqu'en septembre. Alors je vais vous lire, mais autant que possible, ne pas intervenir (ordre de ma femme!)
Au fait (c'est une boutade mais elle est sérieuse), il semble y avoir sur ce blogue (comme sur d'autres) des gens qui passent des heures sur l'ordinaeur. Leurs conjoints ils en pensent quoi?
Moi je connais un tas de couples où celui qui est sur la toile; se fait dire: as-tu fini d'être sur l'ordinateur? On veut manger, se coucher, sortir, que tu te mêles à la conversation, etc.
pierre vennat
Jeff Mignon Commentaire par Jeff Mignon le 24 Juin 2008 à 12 26
@Pierre
Picard ne dit pas que l'info n'a pas de valeur. Ni moi d'ailleurs. Nous disons que l'info (les faits) n'a pas vraiment de valeur en soi. Que sa valeur repose dans ce qu'on en fait -- valeur fonctionnelle -- ou ce que l'on ressent -- valeur émotionnelle.
Toute la question est : comment apporter de la valeur au-delà des faits.

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