Les réseaux sont partout et nous ne les comprenons encore qu'imparfaitement. Ils sont un motif (pattern) de la vie comme l'explique si bien Fritjof Capra que l'on retrouve au niveau des cellules, de la connaissance, et de l'organisation sociale.
Ils font irruption dans l'actualité chaque fois que nous parlons de terrorisme, de nouvelles formes de criminalité, d'épidémies, de phénomènes en cascade comme peut l'être un black-out électrique, mais aussi quand il est question d'obésité, de philanthropie et de toutes ces choses à la mode telles MySpace, Facebook ou l'utilisation de nos téléphones mobiles.
J'aime bien cette image trouvée sur le web (je ne sais plus où): de même qu'ils ne me viendrait pas à l'idée de lancer mes enfants dans la ville sans leur enseigner à traverser la rue, il me semble indispensable pour avancer dans le monde d'aujourd'hui d'avoir une idée de ce que sont les "points faibles structuraux", la "force des liens faibles" ou un "petit monde" (sic).
Ça a l'air encore bien compliqué mais c'est déjà indispensable, notamment pour les journalistes qui courent le risque, faute de familiarité avec ces notions, de passer à côté de sujets importants ou de traiter de façon insuffisante certains thèmes essentiels.
Mais, formés par quelques siècles de modernité nous sommes habitués à voir et à comprendre donc à rendre compte des structures fixes, pyramidales, hiérarchiques. Nous savons faire quand il y a un quartier général, un siège, une présidente ou un porte parole, quand il y a des statuts et un territoire.
Tout le problème est que cela s'applique à un nombre décroissant d'acteurs sociaux.
Nous pourrions commencer à poser le problème à partir des trois éléments suivants:
Nous sommes maintenant très nombreux à nous servir des réseaux technologiques à commencer par l'internet. Ils ne sont "ni bons, ni mauvais, ni neutres" et affectent les dimensions économiques, sociales et politiques de notre existence.
Les réseaux comme forme sociale d'organisation (et comme façon de comprendre l'organisation sociale) sont maintenant et grâce aux TIC, plus efficaces que les hiérarchies. Dans certains cas du moins. Les formules mixtes se multiplient aussi bien dans les armées que dans les entreprises, les églises, les organisations philanthropiques aussi bien que criminelles.
Des progrès considérables ont été faits au cours des dernières années dans la connaissance des réseaux. Suffisamment pour donner naissance à une branche des sciences dont certains des chercheurs les plus connus sont Albert-Laszlo Barabasi et Duncan Watts (parmi beaucoup d'autres).
Il me semble donc indispensable et possible de commencer à donner aux journalistes des éléments de connaissance et de compréhension de ce que sont les réseaux, de comment ils fonctionnent, du rôle qu'ils jouent dans l'organisation de la vie aussi bien qu'au niveau social.
Cela devrait nous permettre de mieux les traiter quand nous avons affaire à eux et sans doute aussi de trouver des sujets que nous risquons de ne pas voir faute d'avoir appris à distinguer ce... motif.
Qu'en pensez-vous?
Comment l'aborderiez-vous?
Balises :
Partager
Vous devez être membre du réseau « mediachroniques » avant de pouvoir ajouter des commentaires!
Joignez-vous à ce réseau social