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L'avenir est-il à la fin du journaliste salarié? La question est posée par Charlie Beckett qui note le cas de la journaliste de la BBC ANgela Saini qui annonce son prochain départ de la Beeb pour (re)devenir pigiste: Sur son blog, la journaliste explique:
“I was trained by ITN and BBC News to produce, film and edit as a lone-working video and audio reporter. Although I’m one of the first generation of journalists who are multi-skilled in this way, in the long-run it is likely to be the way most of us work. And if we want to have the biggest possible impact on the world, then we need to make the most of all the different kinds of platforms, from the Internet, to emerging digital channels. Consequently, from next week I’ll be science writing and making independent films for a plethora of media outlets.”

Pour le dire grossièrement, étant capable de travailler pour plusieurs médias, elle a décidé d'exploiter sa spécialité (le journalisme scientifique) sur une multitude de plateformes. "Dans un monde de haute technologie et de multimédia, ça commence à avoir moins de sens pour les journalistes comme moi d'être lié à un seul employeur", assure-t-elle.

Est-ce là une évolution logique (et qui deviendra massive) de notre métier? Ou bien est-ce simplement le constat que les médias s'adaptent moins vite au nouveau contexte que certains de leurs journalistes?

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7 Commentaires

pierre vennat Commentaire par pierre vennat le 23 Septembre 2008 à 23 23
Je me méfie du mot "tous" comme du mot "aucun", du mot "toujours" comme du mot "jamais"....
Le monde change et il y a aujourd'hui plus de "travailleurs autonomes" qu'autrefois. En tout cas chez nous en Amérique.
Et la sécurité d'emploi, le bonhomme qui (comme moi) travaille plus de 40 ans pour le même employeur, que cela soit (comme ce fut le cas pour moi un journal) ou une usine, un commerce, etc., va en diminuant.
Cela dit, tout le monde ne sera pas (et ne peut être) "travailleur autonome" (expression que je préfère à "pigiste" et encore plus à "journaliste indépendant", plusieurs travailleurs autonomes étant souvent davantage dépendant de ceux qui les nourissent (surotut pour la liberté de parole, etc.) que des journalistes syndiquiés protégés par des conventions colelctives qui empêchent les pressions indues.
Bref je crois qu'il continuera à y avoir des salariés (dans le journalisme comma ailleurs) et qu'il y aura aussi de plus en plus de travailleurs autonomes,donc bon nombre en fait, seront chomeurs plus souvent qu'autrement malheureusdement.
Du moins c'est le cas ici. Et pas seulemetnq u'en journalisme. Quand l'économie va mal (et elle va mal en Amérique...), ça va mal pour tout le monde, pigiste compris.
Et pour réussir comme travailleur autonome, faut non seulement être bon dans sa spécialité (en l'occurence ici le journalisme) mais avoir des qualités d'entrepreneur.
ce qui n,es tpas donn à tout le monde.
Un bon reporter, un bon analyste politique, économique, etc. n'est pas nécessairement un bon "vendeur" pour offrir ses services, tenir soi-même sa comptabilité,e tc.
Faut pas mélanger les genres. Un bon électricien n'est pas nécessairement qualifié pour tenir boutique et peut préférer travailler pour un autre (s'il trouve un emploi bieni sur).
C'est aussi vrai pour le journaliste, pigiste ou pas.
pierre vennat
vieux routier de ce métier.
Emmanuelle Garnaud-Gamache Commentaire par Emmanuelle Garnaud-Gamache le 22 Septembre 2008 à 12 34
pour rebondir sur le commentaire de Benoît, le type de structure ad hoc évoquée me fait penser aux équipes que l'on monte le temps d'une saison télé ( ou plus si le public suit ), en magazine par exemple. Une chaîne souhaite une émission sur un sujet ( santé, sport, les médias, la pub, la déco ... ), elle sous-traite la production - et son contenu - à une maison de prod externe dans laquelle il n'y a généralement que très peu d'employés et plein de freelance, engagés le temps d'une saison voire payés à l'émission selon le niveau de recherche. Toutes les organisations sont possibles d'ailleurs, parfois la chaîne apporte un peu de staff, ou de la technique, parfois c'est 100 % en production externe ou 100% interne si les équipes de la chaîne peuvent répondre au besoin. Pour l'expérience que j'en ai ( Canada francophone ), on fait appel aux productions externes pour des raisons de spécialité contenu ( assez rare ), de coût ( assez fréquent ) , de créativité et de souplesse/ réactivité. Si ça marche depuis longtemps en tv, pas de raison que les médias imprimés n'aillent pas vers ce type de solution pour leur web. Reste à diviser les coûts là aussi, mais peut-être pas par 10 quand même ...
Benoît Raphaël Commentaire par Benoît Raphaël le 21 Septembre 2008 à 5 06
Ce qui est clair, c'est que, à l'heure où l'on parle de glissement des supports traditionnels vers le Net, les rédaction à 300/500 journalistes ne se retrouveront pas dans les mêmes proportions online. Vous pouvez diviser par dix.
Où ira se produire l'info? D'abord, la production sera sans doute partagée avec des non journalistes. Mais on devrait voir disparaître peu à peu les grosses rédactions sur site et se développer de plus en plus d'unités de production (1 personne, 10 personnes) qui travailleront pour plusieurs médias. Mais aussi des blogueurs et des experts. Le gros de la production se fera sans doute en outsourcing dans le cadre d'une information envisagée comme un réseau.
Ce qui nécessitera de redéfinir le rôle des journalistes au siège de la rédaction.
Alain Giraudo Commentaire par Alain Giraudo le 20 Septembre 2008 à 6 25
Il me semble que notre ami Francis Pisani travaille sur ce modèle depuis bien longtemps déjà... La difficulté à la mettre en pratique par tel ou tel individu est le niveau de rareté ou de pertinence de l'information proposée. Francis s'est spécialisé dans les réseaux, notre consœur britannique écrit sur les sciences. Ils offrent une matière qui demande un niveau élevé de spécialisation pour être pertinent. Ce n'est pas le cas des sujets d'actualité quotidienne comme un conseil municipal ou un accident de la route. Une autre qualité indispensable à ce mode de fonctionnement est la capacité à vendre sa production à suffisamment d'éditeurs pour atteindre un niveau de revenu correct. Cela requiert une adaptation aux attentes de l'éditeur qui dépasse l'habileté technologique pour jongler entre différent médias. On devient manager de sa petite entreprise ce qui est beaucoup plus complexe que d'être un bon journaliste.
Jean Abbiateci Commentaire par Jean Abbiateci le 19 Septembre 2008 à 3 57
Juste deux remarques :

1. je pense qu'il n'a pas fallu attendre le départ de Angela Saini pour voir des journalistes faire ce choix. Exemple tout bête : la plupart des correspondants à l'étranger qui ne sont pas "en poste" fonctionnent sur ce mode de rémunération. En alternant souvent des correspondances presse, radio, télé, internet, produisant images, texte, vidéo et son. Certains en vivent très bien. Reste évidemment que ce statut de pigiste reste associé à un sas d'entrée dans le métier de journaliste...

2. Sans vouloir faire l'impasse sur la difficulté de l'exercice du métier de journaliste comme pigiste (rémunération, solitude, usure de devoir "vendre" ses sujets...), ce mode de fonctionnement multi-employeurs et multi-médias a deux grandes vertus. Tout d'abord, il permet d'acquérir une souplesse dans la façon de traiter les sujets (choix des sujets, écritures, angles....). Forcé s'il veut vendre ses sujets de s'adapter au ton, aux lecteurs, et à la ligne de chaque média avec lequel il collabore (ce qui est sans doute le plus difficile), il est à mon avis plus imaginatif que ses confrères en poste, un peu prisonnier de la culture de leur média. L'autre vertu : si vous travaillez sur un domaine pour 3-4 médias différents, vous avez toute latitude pour traiter tous les sujets que vous souhaitez, de la manière dont vous le souhaitez... C'est enrichissant et ça évite la routine !



@Philippe. Petit rectificatif juridique pour ne pas que vous vous mettiez à dos tous les pigistes du forum. En France, le statut de pigiste est légalement un statut de salarié...
Emmanuel Commentaire par Emmanuel le 18 Septembre 2008 à 16 48
Il s'agit plutôt ici de devenir freelance que pigiste... Sur le domaine de l'info specialisée nous allons nécessairement vers ce mode de collaboration car il est de moins en moins envisageable (sur des thématiques pointues) de justifier des temps pleins. L'expertise étant rare ça ouvre des perspectives intéressantes pour le freelance et permet de répartir les risques. En revanche sur l'info généraliste ce n'est que la conséquence de la précarisation grandissante de la profession.
Pierre Commentaire par Pierre le 18 Septembre 2008 à 14 02
Bien d'accord avec Emmanuel. Et puis ça veut dire quoi être multi-compétent ? Si je prends mon cas, je sais manier une caméra, assurer une prise de vue et une prise de son, et je sais réaliser un montage. Suis-je pour autant compétent pour un média télévisuel ? Je ne pense pas.

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