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Qui va redonner le sourire aux journaux ? Surtout, qui va les sauver d'eux mêmes ???

Pour les quotidiens, une mauvaise nouvelle n'attend pas l'autre. Au Canada, comme en France, et malgré toutes les différences de ces deux contextes, la situation se dégrade, moins vite qu'aux USA, mais tout aussi structurellement. Tous les experts et observateurs s'acharnent à décortiquer la descente aux enfers de cette industrie. Le patron de Google ne semble ni très rassurant ni très compatissant quand il s'exprime sur le sujet. Maurice Lévy ( Publicis ) en a remis une couche lui aussi lors d'un discours remarqué à la soirée des magazines. Il faut lire absolument les deux articles du Monday Note concernant ce qu'on prétendait il y a peu encore être l'avenir de l'imprimé : le web, et notamment la pub sur le web comme modèle financier à la gratuité de l'info des sites de médias. Le premier dresse un portrait chiffré et argumenté sans complaisance de la e-pub, presque aussi mauvaise que la pub traditionnelle ( pire parfois ), qui fait mentir tous les chantres de l'efficacité et de l'interactivité sur internet. Le deuxième (" fixing an antique model " ) s'attache aux pistes de solutions ( si si, il y en a ) ! Petite éclaircie donc. Et comme par hasard, là aussi, le design est une des pistes avancées pour tenter de trouver, enfin, une vraie façon d'intégrer la pub aux sites des médias sans faire perdre à l'ensemble ( éditorial/ pub ) son efficacité.

Une infopub à la Une ? Il ne s'agit pas des solutions avancées par le Monday note à la crise de business model des quotidiens. Mais plutôt du tollé déclenché au sein de sa rédaction par le LA Times après la parution d'une publicité ressemblant étrangement à une pub à la une du quotidien jeudi 9 avril. Le publi vantait les mérites d'une série de la chaîne télé NBC. L"AFP relate que c'est l'éditeur qui a pris la décision ( malgré l'avis contraire du rédacteur en chef ) :" A cause de la période (économique) actuelle, nous devons étudier toutes sortes de solutions - dont des solutions que l'on pourrait qualifier d'alternatives - pour nos clients publicitaires" a-t-il déclaré. Pour la petite histoire, le LA Times appartient au groupe Tribune CO qui a déposé le bilan en décembre dernier. L'éditeur n'exagère sans doute pas les difficultés économiques de son journal.

Cette nouvelle ( qui fait écho d'autres initiatives confuses du même type à New York ), est symptomatique de l'époque à plusieurs égards : on peut y voir la victoire du court-terme sur toute autre considération ( y compris se mettre à dos les fidèles lecteurs qui acceptent encore de payer pour leur quotidien et miner la crédibilité du média qui n'a pas besoin de ça ); la résistance intacte des journalistes à toute forme de collusion entre la pub et le contenu ( quand on connait la cote de crédibilité accordée au Québec par le public à l'indépendance de leurs médias, ça relève de l'héroïsme ) alors que la transition vers un nouveau business model ne se devrait pas se faire sans eux ; la conviction d'un bon nombre d'annonceurs qu'on peut faire à peu près n"importe quoi et que le public ne s'en rendra pas compte, autrement dit une sorte de mépris qu'on pense toujours vaincu et dépassé et qui finalement résiste lui aussi. Dans cette histoire, on dirait que tout le monde ( journalistes / annonceurs / media ) s'arqueboute sur de vieux réflexes. Sans jamais prendre en considération l'essentiel: et le consommateur lui, il trouve ça comment ?

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Repères : busines, magazine, model, presse, web

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