
Des malheurs de la presse people française aux lueurs de solutions concrètes pour la presse américaine, jusqu'au ViewPass d'Alan Mutter, revue des futurs possibles pour l'imprimé et son modèle publicitaire.
Alerte rouge : la presse "People" comme disent les français ( presse à potins pour les Québécois ) va mal. Elle qui résistait encore vaillamment à toutes les crises structurelles et conjoncturelles des médias, elle qui pouvait encore permettre de croire au vieux modèle "
je publie un contenu qui a une valeur pour le consommateur, donc je fais payer pour" est désormais elle aussi touchée. Pire, c'est le type de presse qui s'en sort le moins bien sur le premier trimestre 2009.
Quel rapport avec le titre ? Franchement: Gala à 20,7%, -18,2% pour Voici ou 14,2% pour Closer, ça vous fait pleurer ? Ces "fleurons" du journalisme d'enquête ont certes la grande qualité d'être des revues rentables mais doit-on vraiment déprimer en apprenant que les français achètent ( provisoirement ) moins ce type de presse ???
Voilà plutôt une occasion de remettre toutes les pendules de l'imprimé à l'heure. Une occasion unique de repenser le modèle comme en atteste le foisonnement d'analyses et de débats d'idées à ce sujet dans les dernières semaines.
Mais revenons brièvement sur ces pauvres titres people. C'est la sortie des chiffres OJD de diffusion payante en France qui révèle le phénomène.
Épi-phénomène ou tendance ? Il est vrai que le premier trimestre 2008 ( point de référence des chiffres publiés ) fut celui des débuts du feuilleton "Carla / Nicolas à l'Élysée". Les français avaient retrouvé enfin un couple royal à leur mesure et ils se sont avidemment jetés sur tous les contenus les concernant: presque aussi payant que la mort d'un pape. Alors évidemment quand, un an plus tard, ce sont les banquiers qui font la une des scandales, on comprend que Les Échos profitent davantage de l'actualité...
Il est donc éventuellement très probable que cette baisse ne soit pas dûe à un ras le bol des lecteurs avides de potins et de photos volées ( la fréquentation des potins People sur lepost.fr ne semble pas faiblir ). Mais bien à un réarbitrage des dépenses et des priorités ...ce qui ne serait pas si mal.
N'empêche: si la presse à scandale, après les titres sportifs, souffrent, c'est qu'en dehors du sexe, point de salut pour la presse ? C'est bien ce qu'ont pensé les éditeurs d'Urbania, qui misent le tout pour le tout avec leur dernier numéro !
Plus sérieusement, la révolution des médias imprimés poursuit son cours, souvent accompagnée de débats enflammés sur les modèles d'affaires et le rôle de la pub pour les quotidiens. Avec en toile de fond la question existentielle fondamentale: les internautes vont-ils éventuellement accepter de payer pour de l'info quand on leur en donne gratuitement depuis des années ( et que les sources gratuites sur le net ne vont pas nécessairement diminuer ) ?
Pas de meilleur exemple de l'effervescence actuelle que le billet de Chris Brogan " The next media company" où il invite ses lecteurs à rédiger les règles qui devraient prévaloir dans le groupe média du futur ( idéal ).
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